Nous voilà déjà arrivés à la fin de cette année scolaire 2025/2026, et je dois vous avouer que cela me fait quelque chose de poser ici ce bilan, parce que j’avais commencé l’année avec cette envie de venir écrire chaque semaine sur le blog, afin de garder une trace plus régulière de notre quotidien en instruction dans la famille, mais, je n’ai pas réussi à tenir ce rythme-là avec le travail et la vie perso, et je le regrette un peu.
Même si vous avez pu suivre une grande partie de notre quotidien sur Instagram, le blog reste pour moi un lieu différent, plus lent, plus posé, plus intime aussi, un endroit où l’on ne montre pas seulement ce que l’on fait, mais où l’on prend le temps d’expliquer pourquoi on le fait, comment on le vit, et ce que cela vient transformer dans la manière d’accompagner mes enfants.
Pour rappel, l’Oisillon est instruit dans la famille, et s’il était scolarisé cette année, il serait en petite section, puisqu’il a 4 ans et 2 mois au moment où j’écris ces lignes.
Il a eu son contrôle pédagogique en février qui s'est très bien passé et qui a démontré qu'il était instruit, en avance scolaire et que son dynamisme necessité une instruction dans la famille.
Pour écrire cet article, j'ai relu le tout premier bilan de septembre, et forcément, avec le chemin parcouru depuis, cela m’a rendue un peu nostalgique :
« Nous avons pu observer où en était l’Oisillon durant cette première semaine afin de proposer, dans le futur, des activités intelligentes et non ennuyeuses pour lui. Comme il sait compter jusqu’à 30 et ranger les chiffres dans l’ordre jusqu’à 10, il serait stupide de notre part de lui proposer de s’arrêter dans le classement des chiffres jusqu’à 5, par exemple. Nous tenterons donc un classement jusqu’à 20 puis 30 dans les semaines à venir.
Comme il connaît déjà les sons des lettres, les noms des lettres, le classement dans l’ordre alphabétique ainsi que quelques syllabes, nous passons à l’apprentissage concret de la lecture et de l’écriture.
Il a encore fait un bond au niveau du langage, et cela grâce aux échanges extrêmement riches de ces dernières semaines. Il adore retrouver ses copains en IEF pour jouer avec eux. »
Quand je relis cela aujourd’hui, je souris, parce que l’Oisillon est désormais bien loin du petit garçon qui comptait jusqu’à 30 et rangeait les chiffres jusqu’à 10, même si, à l’époque, c’était déjà beaucoup pour son âge, je mesure à quel point cette année a été une année charnière pour lui, une de ces années où l’on voit un enfant changer sous nos yeux, comme si tout ce qui avait été semé depuis longtemps se mettait soudain à pousser en même temps.
Aujourd’hui, il compte et range les nombres jusqu’à 89, il sait compter de 30 à 0 sans difficulté, il écrit des nombres en chiffres comme 100 ou 120, et il commence même à s’intéresser aux milliers, parce que l’Oisillon a une vraie passion pour les chiffres, qui ne se limite pas au fait de savoir réciter une suite numérique pour faire plaisir à l’adulte, mais qui montre au contraire un vrai goût pour la logique, pour les liens entre les nombres, pour les additions, les soustractions, les énigmes, les problèmes et tout ce qui lui permet de chercher, de comprendre, de manipuler et d’aller un peu plus loin.
C’est assez fascinant à observer, parce que les chiffres sont pour lui un univers dans lequel il aime entrer, un langage qui semble lui parler naturellement, et même si je reste toujours prudente avec les histoires de “niveau”, parce qu’un enfant n’est pas un tableau Excel avec des cases vertes partout, il faut bien reconnaître qu’en mathématiques, ses compétences dépassent largement ce que l’on attend habituellement d’un enfant de petite section, avec déjà cette curiosité qui l’amène vers des notions plus complexes comme les centaines et les milliers.
En lecture aussi, l’année a été très riche, puisqu’il lit désormais seul des Sami et Julie niveau 1, ce qui correspond à une entrée dans la lecture de début CP, et ce qui me touche particulièrement, ce n’est pas seulement qu’il sache déchiffrer, mais qu’il comprenne ce qu’il lit ou ce qu’on lui lit, qu’il puisse répondre à des questions autour d’une histoire, reformuler, expliquer, faire des liens, et montrer ainsi que la lecture n’est pas uniquement un mécanisme, mais déjà un accès au sens, aux récits, aux personnages, au monde des livres qui, chez nous, a toujours eu une place immense.
Son langage, lui aussi, a fait un bond incroyable durant cette année. Il parle désormais normalement, fait des phrases structurées, raconte ce qu’il fait dans sa journée, pose beaucoup de questions, et quand je pense au chemin parcouru, je mesure encore une fois l’importance d’accompagner tôt les enfants quand on sent qu’ils en ont besoin, parce que oui, les suivis orthophoniques dès le plus jeune âge peuvent réellement changer les choses, non pas parce qu’il faudrait tout médicaliser, mais parce qu’un enfant qui a besoin d’aide mérite qu’on lui donne les bons outils au bon moment, avec douceur, sans panique, mais sans attendre indéfiniment non plus que “ça passe tout seul”.
En écriture, l’Oisillon écrit des mots en majuscules sans grande difficulté, même si certaines lettres sont parfois encore écrites en miroir, ce qui ne m’inquiète pas du tout, parce que j’ai déjà vu cela chez l’un de mes enfants et que je sais que cela peut faire partie du chemin, en revanche le graphisme reste clairement le domaine dans lequel il est le moins à l’aise, puisqu’il tient encore mal son crayon, n’aime pas beaucoup colorier et ne se passionne pas vraiment pour le dessin, pour dire les choses poliment.
Nous continuons donc à accompagner cela tranquillement, sans en faire une montagne, parce que je ne crois pas que forcer un enfant à colorier des fleurs, trois soleils et un bonhomme bâton soit forcément le chemin le plus intelligent pour lui donner envie d’utiliser son crayon, et nous préférons avancer doucement, en lui proposant des occasions variées, notamment grâce aux ateliers mensuels à la Micro-Folie, où il retrouve d’autres enfants, observe, imite, participe à sa manière, et où je profite justement de ce mimétisme naturel pour essayer de lui donner peu à peu le goût des activités artistiques, sans transformer cela en bras de fer inutile.
À côté de cela, l’Oisillon a une excellente motricité, il se repère bien dans son corps, il sait se repérer dans le temps et dans l’espace, y compris sur notre territoire, il comprend les lieux dans lesquels nous vivons, circulons et apprenons, il fait des puzzles de 100 pièces, adore les énigmes, les jeux de logique, les jeux d’imagination et les jeux d’imitation, et ses centres d’intérêt sont déjà très marqués, notamment autour des châteaux et des dinosaures, deux passions qui reviennent très souvent dans nos lectures, nos jeux, nos discussions et nos sorties.
Cette année a aussi été très importante dans sa relation aux autres, et peut-être même que c’est là que je suis la plus émue quand je regarde le chemin parcouru, parce que l’Oisillon est un enfant hypersensible, que certains aspects de la vie sociale n’ont pas toujours été simples pour lui, et qu’aujourd’hui il entre beaucoup plus facilement en relation avec les adultes et les enfants, il aime retrouver ses copains en IEF, il sait être à l’écoute, il gère beaucoup mieux ses émotions, il comprend ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, et il montre une maturité qui nous impressionne souvent. (C'est aussi un petit filou qui sait rendre une sortie culturelle active ^^)
Nous sommes donc très fiers de lui, pas seulement parce qu’il lit, compte ou résout des énigmes, même si évidemment cela fait partie des progrès visibles, mais surtout parce qu’il a grandi dans son rapport au monde, dans sa manière d’être avec les autres, dans sa capacité à se poser, à écouter, à comprendre, à oser, et parce que derrière chaque acquisition que l’on peut écrire dans un bilan, il y a eu tout un quotidien fait de patience, d’observation, d’adaptation, de confiance et de petites victoires.
Pour rappel, l’Oisillon a deux instructeurs au quotidien : moi, sa maman, et Allana, sa grande sœur, et c’est un vrai privilège pour lui d’avoir deux personnes présentes, disponibles et complémentaires pour l’accompagner dans ses apprentissages. Allana prend une vraie place dans cette instruction, avec sa douceur, sa patience et sa manière d’entrer en relation avec lui, et cela fait partie des richesses de notre organisation familiale.
Pour nous organiser, nous avons utilisé un tracker que j’ai conçu en début d’année, et il a vraiment très bien fonctionné, parce qu’il nous a permis de garder une vision claire de ce que nous proposions, de ne pas nourrir uniquement les domaines dans lesquels il est déjà à l’aise, comme les chiffres ou la lecture, et de ne pas oublier les autres, même ceux qui lui demandent plus d’efforts ou qui l’attirent moins naturellement.
Je le redis ici parce que je le pense sincèrement : si vous faites l’instruction dans la famille, même en maternelle, n’attendez pas forcément la primaire pour structurer un minimum votre semaine, parce qu’un outil simple peut aider à garder l’équilibre entre les différents domaines et à ne pas se laisser emporter uniquement par ce que l’enfant ou l'instructeur aime déjà faire.
En temps, le formel ne nous a pas pris plus de 30 minutes par jour, et tout le reste s’est fait de manière informelle, au fil de la vie, des lectures, des discussions, des sorties, des jeux, des questions posées dans la voiture, des promenades, des ateliers, des rencontres, des recettes, du jardin, des musées, des médiathèques, et de toutes ces petites choses du quotidien qui, lorsqu’on les regarde vraiment, sont déjà pleines d’apprentissages.
Car l’instruction dans la famille, chez nous, n’est pas une parenthèse scolaire posée au milieu de la journée, c’est une atmosphère de vie, une manière d’habiter le monde, de répondre à leurs questions, de nourrir leurs passions, de les accompagner dans leurs fragilités et de leur offrir, autant que possible, une enfance riche, lente, cultivée, vivante et profondément ancrée dans le réel.
Cette année, nous avons fait énormément de sorties culturelles et de sorties en pleine nature. Nous avons lu, observé, discuté, visité, marché, découvert, joué, jardiné, expérimenté. L’Oisillon apprend énormément par ce qu’il voit, ce qu’il touche, ce qu’il entend, ce qu’il questionne, ce qu’il cuisine, ce qu’il plante, ce qu’il observe, ce qu’il vit, et c’est aussi pour cela que l’IEF lui convient si bien aujourd’hui, parce qu’elle nous permet de partir de ses intérêts, de son rythme, de ses forces, de ses fragilités, et de construire autour de lui une atmosphère de vie qui lui convient et qui le rend heureux.
Vacances ou pas vacances ?
Même si les vacances arrivent dans quelques semaines, nous n’allons pas faire de vraie pause, parce que le formel ne nous prend qu’environ 30 minutes par jour, que ça n'est pas une tâche mais un plaisir, et que l’instruction dans la famille, chez nous, ne s’arrête pas à une date précise sur un calendrier.
Nous allons donc continuer dans cette atmosphère douce, libre et structurée à la fois, parce que l’un n’empêche absolument pas l’autre, et parce que l’été est justement une période merveilleuse pour apprendre autrement, dehors, dans la cuisine, au jardin, au bord de l’eau, dans les châteaux, au fil des sorties, des rencontres et des passions du moment.
Fin avril, nous avons commencé un apprentissage autour du potager, que nous allons poursuivre tout au long de l’été. L’Oisillon va continuer à semer, observer, arroser, récolter, comprendre le rythme des plantes, regarder ce qui pousse, ce qui ne pousse pas, ce qui a besoin d’eau, de soleil, de patience, et tout cela est une instruction absolument merveilleuse, bien plus vivante qu’une fiche plastifiée sur le cycle de la graine.
Nous allons aussi continuer à cuisiner, car c’est l’une de ses grandes passions, et la cuisine est un terrain d’apprentissage incroyable, parce qu’on y lit des recettes, on compte, on pèse, on mesure, on observe les transformations, on découvre les goûts, les textures, les odeurs, on apprend à attendre, à suivre des étapes, à être précis, à participer à la vie de la maison, et finalement à comprendre que les apprentissages ne sont pas des choses abstraites enfermées dans des cahiers, mais des outils qui servent à vivre.
L’Oisillon va également apprendre à pêcher, car il en fait la demande depuis quelque temps, et je lui ai acheté sa première carte de pêche pour le féliciter pour cette belle année scolaire. Là encore, ce sera l’occasion d’apprendre autrement, en observant la nature, en découvrant les milieux aquatiques, en apprenant à respecter le vivant, à patienter, à se concentrer, à comprendre le matériel, les règles, les gestes, et à vivre ces moments simples qui construisent souvent les plus beaux souvenirs d’enfance.
Nous avons aussi prévu des sorties culturelles autour des châteaux, puisque c’est l’une des grandes passions de l’Oisillon en ce moment, et les châteaux sont des supports extraordinaires pour aborder l’histoire, l’architecture, le vocabulaire, le repérage dans le temps, les métiers, les matériaux, les récits, les légendes, les chevaliers, les seigneurs, les murailles, les douves, les ponts-levis, et tout cet imaginaire qui nourrit tellement les enfants quand on prend le temps de leur ouvrir les portes du patrimoine.
Nous allons également continuer à travailler la notion de monnaie, car il adore cela, et commencer doucement l’apprentissage de la lecture de l’heure sur un cadran à aiguilles, toujours à partir de situations concrètes, de jeux, de manipulations et de son envie d’apprendre, parce que c’est souvent comme cela que les choses s’ancrent le mieux, sans bruit, sans lourdeur, presque naturellement, dans le fil de la vie.
Quand je regarde le chemin parcouru depuis septembre, je mesure à quel point cette année a été riche. L’Oisillon a grandi, appris, mûri, parlé, lu, compté, cuisiné, jardiné, joué, questionné, rencontré, essayé, parfois refusé aussi, parce que grandir ce n’est pas devenir parfait, ce n’est pas entrer dans toutes les cases avec un sourire bien sage, c’est avancer avec ce que l’on est, avec ses élans, ses passions, ses résistances, ses forces et ses fragilités.
Et cette année, il a bien avancé, avec son beau sourire et son fort caractère, que j'aime tant.
Bravo à l'Oisillon et bravo à Allana qui a su être une excellente pédagogue à mes côtés.