Cela fait maintenant un an que j’ai imaginé ce tracker et que nous l’utilisons dans notre quotidien en instruction en famille, et avec le recul je crois que c’est vraiment l’un des outils que je suis la plus heureuse d’avoir mis en place pour l’Oisillon, parce qu’il nous permet de garder une trace de tout ce qui est découvert et appris au fil des journées sans pour autant enfermer son instruction dans un emploi du temps où chaque apprentissage devrait avoir une heure et une place bien précises.
Avec ce tracker, il n’y a pas de mathématiques obligatoirement à 9h, de lecture à 10h ou de découverte du monde parce que c’est écrit sur un planning, on avance simplement au rythme de l’enfant, de ses envies, de sa curiosité et aussi de sa disponibilité du moment, tout en ayant de notre côté, en tant qu’instructeurs, une vraie visibilité sur les sujets qui ont été abordés au fil des jours.
Cela nous permet de voir très facilement les domaines dans lesquels il évolue avec beaucoup d’aisance, ceux vers lesquels il revient naturellement parce qu’ils le passionnent, mais également ceux qu’il délaisse davantage, non pas pour le forcer à y revenir, mais justement pour nous demander comment nous pourrions les lui présenter autrement, avec une autre approche, un livre, une sortie, une expérience ou simplement quelque chose qui viendra éveiller sa curiosité.
Et je trouve que c’est encore plus précieux avec des enfants TSA ou ayant d’autres troubles du neurodéveloppement, ce qui est le cas de deux de mes enfants, parce que ce n’est justement pas à l’enfant de rentrer dans l’outil, mais à l’outil de s’adapter à l’enfant, à son fonctionnement, à ses besoins, à ses périodes de grande curiosité comme à celles où il a simplement besoin que l’on ralentisse un peu. Chez nous, cette souplesse permet vraiment de diminuer la pression autour des apprentissages et de laisser beaucoup plus de place au plaisir de découvrir.
Comme nous sommes deux à instruire l’Oisillon, ce tracker nous a également permis de nous coordonner très facilement tout au long de l’année, de savoir ce qui avait été fait avec l’un ou avec l’autre et surtout de lui proposer une instruction riche et cohérente sans avoir besoin de lui imposer des journées scolaires minutées.
Et puis il y a le résultat, celui que je trouve tellement beau lorsque je regarde simplement le chemin parcouru en une année.
En septembre 2025, l’Oisillon ne savait pas encore lire, il parlait encore peu et commençait tout juste à compter, et il a terminé son année en sachant lire, en construisant de jolies phrases à l’oral et en sachant compter jusqu’à 110, faire des additions et des soustraction, tout cela sans avoir subi de pression particulière autour de son instruction, sans tranche horaire imposée et surtout en ayant eu le droit d’apprendre à son rythme, parfois énormément dans une journée et parfois beaucoup moins, parce que finalement nous-mêmes, adultes, nous ne sommes pas disponibles de la même manière chaque jour.
Alors j’avoue que lorsque certains parents viennent me raconter que leur inspecteur leur a expliqué que ce genre de tracker ne serait pas adapté avant l’âge de la primaire, voire du collège, cela ne me fait ni chaud ni froid, non pas parce que je ne respecte pas leur avis, mais simplement parce qu’après toutes ces années en instruction en famille, j’ai appris à faire confiance aux outils qui fonctionnent réellement auprès de mes enfants.
Cela me rappelle d’ailleurs beaucoup ce qui s’était passé il y a dix ans, lorsque j’avais commencé à parler aux familles de l’intérêt d’envoyer un projet pédagogique aux inspecteurs avant les contrôles IEF. J’avais alors commencé à diffuser cette idée auprès des familles et j’avais également mis sur mon blog mes propres projets pédagogiques à télécharger gratuitement afin d’aider celles qui ne savaient pas forcément comment construire le leur. Là aussi, j’avais reçu quelques critiques et certains inspecteurs ne voyaient pas forcément l’intérêt de cette démarche, alors qu’aujourd’hui les académies demandent elles-mêmes ce type de document aux familles.
Alors avec les années, j’ai appris une chose toute simple, lorsqu’un outil respecte l’enfant, qu’il l'aide à avancer sereinement, qu’il permet à la famille de mieux l’accompagner et qu’il fonctionne réellement dans votre quotidien, il n’a pas besoin de recevoir la validation de x ou y.
Donc si vous avez envie d’utiliser un tracker avec votre enfant, même petit, et que vous sentez que cet outil lui convient, alors utilisez-le, adaptez-le, transformez-le et faites-en quelque chose qui ressemble à votre famille et surtout à votre enfant.
Nous avons encore cette liberté magnifique de créer nos propres outils pour accompagner nos enfants dans leurs apprentissages, alors autant en profiter et ne jamais oublier que derrière les programmes, les compétences et les contrôles, il y a avant tout un enfant que l’on accompagne doucement pour qu’il grandisse, découvre, apprenne et prenne confiance en lui.
Chez nous en tout cas, après cette première année, le tracker restera clairement à nos côtés pour la suite de notre belle aventure en instruction en famille.