Vous le savez, les livres occupent une immense place dans notre quotidien et j’aime particulièrement lorsqu’ils deviennent aussi un moyen d’ouvrir des discussions avec les enfants sur des sujets que nous n’aurions pas forcément abordés spontanément, ou simplement pas de la même manière.
Cette année, le Prix UNICEF de littérature jeunesse est consacré au droit à la protection, avec une sélection de seize ouvrages permettant d’aborder des sujets parfois difficiles, mais qui concernent directement les enfants : le harcèlement, le consentement, les violences, la guerre, l’exil, la maladie, le handicap, le placement ou encore la nécessité pour chaque enfant d’être écouté et respecté. L’UNICEF explique d’ailleurs avoir choisi des livres permettant d’aborder ces sujets progressivement, à travers le récit et la métaphore, tout en proposant des outils pédagogiques pour accompagner les enfants.
Et je trouve justement que les livres ont cette force-là : ils permettent parfois de parler de choses très importantes avec énormément de douceur, en laissant à l’enfant le temps d’écouter, de réfléchir, de poser une question immédiatement ou d’y revenir plusieurs jours plus tard lorsqu’il en ressent le besoin.
Notre troisième participation au Prix UNICEF
Cette édition 2027 sera donc notre troisième année consécutive de participation au Prix UNICEF de littérature jeunesse et c’est devenu un rendez-vous que nous sommes vraiment heureux de retrouver.
Cette année, j’inscris l’Oisillon dans la catégorie des 3-5 ans et Énéa dans celle des 13-15 ans, ce qui va nous permettre de découvrir la sélection à travers deux âges complètement différents, mais aussi deux sensibilités et deux manières de recevoir les histoires.
Et puisque je suis légèrement incapable d’attendre lorsqu’il s’agit de livres, j’ai déjà réservé plusieurs ouvrages de la sélection dans nos médiathèques afin que nous puissions commencer nos lectures dès qu’ils seront disponibles.
Pour les autres, nous verrons tranquillement au fil des mois, entre les différentes médiathèques autour de chez nous et les livres que nous aurons peut-être envie d’acheter pour conserver dans notre bibliothèque.
Comment fonctionne le Prix UNICEF de littérature jeunesse ?
Le principe est assez simple et c’est aussi ce que j’aime dans ce prix : ce sont les enfants qui lisent et qui votent.
Chaque année, un jury composé de professionnels du livre, de l’écriture et de la recherche choisit seize ouvrages parmi les livres reçus. Un mini-jury composé d’enfants âgés de 3 à 15 ans participe également à la découverte des livres et partage son avis afin d’éclairer la sélection.
Les livres sont ensuite répartis en quatre catégories :
- 3-5 ans
- 6-8 ans
- 9-12 ans
- 13-15 ans
Les enfants découvrent les quatre livres correspondant à leur âge, peuvent échanger autour de leurs lectures, participer aux activités proposées puis votent finalement pour celui qu’ils ont préféré.
Et je trouve important que leur rôle ne soit pas simplement symbolique : ce sont réellement leurs votes qui permettent de désigner les lauréats du Prix UNICEF de littérature jeunesse.
Une édition consacrée au droit d’être protégé
Le thème de cette année me plaît particulièrement parce qu’il touche à quelque chose que chaque enfant devrait connaître très tôt : il a des droits et il a le droit d’être protégé.
Cela peut sembler évident lorsque l’on est adulte mais, pour un enfant, savoir qu’il a le droit de dire non, que son corps doit être respecté, que sa parole mérite d’être entendue, qu’il peut demander de l’aide lorsqu’une situation lui fait peur ou le met mal à l’aise et que les adultes ont la responsabilité de le protéger n’est pas toujours aussi évident.
L’UNICEF a d’ailleurs fait le choix de ne pas considérer ces sujets comme « trop sensibles » pour les enfants mais, au contraire, de proposer des histoires adaptées à leur âge permettant d’en parler sans brutalité et avec des mots qu’ils peuvent comprendre. Les ouvrages sélectionnés ont notamment été choisis pour offrir des histoires réparatrices, des personnages auxquels les enfants peuvent s’identifier et des pistes permettant d’aborder ces questions avec eux.
Et c’est exactement ce que j’aime dans la littérature jeunesse.
Un enfant peut lire l’histoire d’un personnage, ressentir de l’empathie pour lui, trouver une situation injuste, poser une question puis, parfois, faire un lien avec quelque chose qu’il a lui-même vécu ou observé.
Sans grand discours.
Simplement parce qu’un livre a ouvert une petite porte.
Les 16 livres de la sélection 2027
La sélection officielle compte cette année seize ouvrages, soit quatre livres dans chacune des quatre catégories d’âge.
Catégorie 3-5 ans
- Pavel et Mousse – Aurore Petit
- Et alors ? – Sonia Coudert et Grégoire Mabire
- C’est bien, mon cœur – Owen Gent
- Le consentement – Agnès Cathala et Valentine Choquet
Catégorie 6-8 ans
- Tu es une exploratrice – Shahrzad Shahrjerdi et Ghazal Fathollahi
- Les pansements invisibles – Baptiste Beaulieu et Qin Leng
- Le vilain roi Vikain – Céline Claire et Laura Giraud
- 5 questions à poser à un oiseau – Laurence Gillot et Guilin Braïda
Catégorie 9-12 ans
- Et toi, Jules ? – Gaëlle Droz-Sauthier et Noémie Naoumi
- Semer des soleils – Andrée Poulin et Enzo
- Mischka – Edward van de Vendel et Anoush Elman
- Bobine et Pop-corn – Patricia Vigier
Catégorie 13-15 ans
- Tout le monde déteste Louise – Annelise Heurtier
- Partir ? – Julia Billet
- Enragée – Cécile Alix
- Le silence est à nous – Coline Pierré
Je ne vous présente volontairement pas encore les livres plus en détail ici, car j’ai envie de revenir dessus autrement et de vous les faire découvrir petit à petit.
Lire, discuter et laisser aussi les enfants se faire leur propre avis
C’est probablement ce que je préfère dans cette aventure : je peux avoir mon avis d’adulte sur un livre, penser qu’un titre va énormément plaire à l’un des enfants et finalement découvrir que ce n’est absolument pas celui qu’il retient.
Et c’est très bien ainsi.
Le but n’est justement pas de leur souffler notre propre vote mais de les laisser lire, ressentir, réfléchir et choisir.
L’Oisillon et Énéa auront forcément des discussions très différentes autour de leurs lectures, simplement parce qu’on ne parle pas de protection de la même manière à quatre ans qu’à quatorze ans, mais je trouve justement très beau de pouvoir retrouver un même fil conducteur à travers des histoires pensées pour chaque âge.
Nous allons donc commencer cette nouvelle édition tranquillement, au rythme de nos réservations en médiathèque et de nos lectures, et je vous partagerai certainement quelques-uns de leurs avis au fil des mois.
Troisième participation donc, mais toujours la même impatience au moment de découvrir les nouveaux livres.
Et maintenant, il ne reste plus qu’à attendre que les premiers arrivent à la médiathèque.